09 août 2010

Revenons à la démocratie de concordance


Selon le dictionnaire historique de la Suisse, « dans la démocratie de concordance, la prise de décision ne se fonde pas (comme dans la démocratie majoritaire ou "démocratie de concurrence") sur le principe de majorité, mais sur la recherche d'accords à l'amiable et de compromis largement acceptés. Tous les partis importants sont impliqués dans le processus et se voient attribuer des fonctions politiques et des postes à responsabilité dans l'administration, l'armée et la justice, proportionnellement à leur force électorale. »


Ce système a été mis en place dans les années 1930 et était toujours en vigueur il y a quelques années. Il ne fait cependant pas de doute que la non-réélection du conseiller fédéral Christoph Blocher en fut une rupture.


Celle-ci n'est pourtant pas concluante. Le conseil fédéral en place est sûrement un des plus critiqués de tous les temps. Il n'y a aucun de ses membres qui y échappe, à commencer par Hans-Rudolph Merz qui restera dans les mémoires comme le conseiller fédéral qui n'a pas tenu sa promesse (de démissionner après l'échec de son voyage en Lybie).


Plutôt que de rejeter sur l'un ou l'autre la faute des problèmes que la Suisse a connu ces derniers temps, l'assemblée fédérale ferait mieux de se pencher sur un retour à la démocratie de concordance, meilleur garant pour trouver des majorités et gouverner.


Pierre Scherb

www.pierrescherb.ch

 

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Commentaires

Bonjour Monsieur,

Pouvez vous expliquer a un novice la concordance ?

Il me semblait de mes lectures sur le droit constitutionnel suisse que la concordance s'entend comme un contrat de gouvernement avec des droits mais aussi des devoirs :
1) la solidarite gouvernementale,
2) le fait que ce ne sont pas les partis qui designent leurs candidats les plus profiles pour sieger a l'executif mais au contraire leurs partenaires qui choisissent en leur sein des candidats plus consensuels, - jusqu'a l'election de Christophe Blocher, il etait que je sache tres inhabituel qu'un chef de parti devienne conseiller federal et jamais vu qu'un parti ne presente qu'un seul candidat a l'approbation des chambres federales, ou pire desavoue le choix de l'assemblee federale en excluant la personne choisie dans ses rangs.
3) les partis qui beneficient d'une representation executive grace a la concordance s'engagent en contre partie a ne pas multiplier les initiatives et referendum.

Est-ce que l'UDC ne reclame que les droits de la concordance ou l'UDC s'interesse aussi aux devoirs de la concordance ?

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 09 août 2010

Bonjour M. Antoine Vielliard,
Je vous remercie de votre commentaire. L'UDC s'intéresse aussi aux devoirs de la concordance et les a toujours respectés. Sans être historien, je crois me rappeler que les partis avaient l'habitude de présenter seulement un candidat. Lorsque celui-ci ne fut pas élu, ce qui a plusieurs fois été le cas surtout des candidats socialistes, le parti a, à chaque fois, réfléchi à se retirer du Conseil fédéral. L'UDC a choisi une autre méthode, tout aussi respectable. Je conteste l'obligation de ne pas "multiplier les initiatives et referendum" et renvoie au parti socialiste qui ne s'est jamais gêné pour introduire des initiatives et référendums, sans critique de la part des autres partis.
Cordialement.

Écrit par : Pierre Scherb | 09 août 2010

Bonjour,

Vos réponses sont assez légères concernant ces deux points là.. qu'en est-il du troisième sur la solidarité gouvernementale ?

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 09 août 2010

@ Antoine Vielliard
Je vous remercie de votre appréciation sympathique de ma réponse. Croyez-moi que j'aimerais bien faire du sujet "L'UDC et la concordance" mon sujet de dissertation. Hélas, le temps me manque (cf. aussi ma note "Commentaires méprisants à la poubelle!).
Cordialement.

Écrit par : Pierre Scherb | 10 août 2010

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