17 septembre 2010

La constituante avance cahin-cahan

 

Hier soir, j'ai défendu un amendement UDC à la thèse 402.21.c. Voici mes propos :

 

Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, chers Collègues,

 

Notre groupe prend le bien-être des citoyens de Genève et de ses hôtes au sérieux. Nous ne pouvons donc nous contenter d'une formule vide du style administratif comme, je cite une partie de la thèse 402.21.c, soutenir la concertation et la sensibilisation permettant d'assurer la bonne entente des diverses composantes de la population, fin de citation.

 

Non vraiment, il y a de quoi perdre son latin ! Et de quoi occuper des centaines de juristes durant des décennies pour décortiquer ce que les constituants avaient bien voulu dire avec cette phrase. Le citoyen s'est enthousiasmé pour la constituante, car il voulait disposer d'une nouvelle constitution compréhensible pour tout le monde. Respectons son souhait et renonçons  aux formules creuses.

 

Cela pour la forme. Revenons maintenant au fond.

 

Vous savez que l'UDC tient au respect de la volonté populaire. Elle veut donc donner à chaque étranger la possibilité d'y participer. En facilitant l'acquisition de la nationalité. La Tribune de Genève évoque dans son édition de ce jour la comédie musicale « Les faiseurs de Suisses » dont le célèbre film d'Emil Steinberger avait fait fureur en 1978. Qu'il est donc loin, ce temps révolu et aujourd'hui, la nationalité suisse s'acquiert avec une facilité parfois déconcertante.

 

Notre assemblée a le privilège d'être composée de plusieurs membres d'origine étrangère. Ils sont souvent les plus illustres, je pense à Alberto Velasco, Albert Rodrik, Souhail Mouhanna et j'en oublie probablement d'autres. Comment sont-ils arrivés là ? Leur avons-nous dit : « Ne vous préoccupez pas de nos coutumes. Faites comme chez vous. Ecoutez les tam-tams tranquille durant toute la nuit. Les voisins s'en plaignent ? Ils n'ont rien compris et n'ont qu'à aller ailleurs si cela ne leur plait pas. »

 

Non Mesdames, Messieurs, soyons sérieux. Nous leur avons dit : « Vous êtes les bienvenus chez nous, alors efforcez vous de vous en montrer dignes. Faites comme nous, travaillez, respectez l'ordre public et essayez de comprendre notre culture. » Et, miracle, ils l'ont fait et ils l'ont bien fait.

 

N'oublions donc pas que les étrangers d'aujourd'hui sont les genevois de demain. Aidons-les ainsi à s'intégrer et à s'assimiler comme les étrangers d'hier, les genevois d'aujourd'hui ont pu le faire. Votons le texte que je vous lis :

 

Le Conseil d'Etat promeut l'intégration et l'assimilation des résidents étrangers dans le canton.

 

Je vous remercie.

 

L'amendement UDC a été refusé par 53 non et 2 abstentions contre 5 oui. La thèse a été acceptée par 39 oui contre 15 non et 5 abstentions.

 

Pierre Scherb

www.pierrescherb.ch

 

10:38 Publié dans Droit public | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : constituante |  Facebook | | | |

Commentaires

Pourquoi l’État devrait-il absolument mettre ses énormes pieds dans ce plat? Les organes politiques ne devraient-ils pas plutôt, dans toute la mesure du possible, éviter d’intervenir dans le débat public?

Quand la droite joue le jeu favori de la gauche et tente d’utiliser l’État pour arriver à ses fins, elle fait en définitive le jeu de la gauche. La droite doit limiter l’État, systématiquement, et non chercher à l’améliorer. Sinon tout le spectre politique glisse lentement à gauche, vers le radiateur et la poubelle.

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 17 septembre 2010

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