28 septembre 2010

Jamel Balhi au Paraguay

 

Notre écrivain et coureur de longue distance aime dormir aux violons. C'est souvent le seul endroit relativement sûr dans les villes américaines et c'est gratuit. Voici comment sa nuit à Filadélfia s'est passée.

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Photo prise par Jamel Balhi: « Sur le mur d'une école au Paraguay »

 

 

 

 

 

 

« Je me retrouve seul dans le commissariat... Je fais ma lessive au complet dans le bac à eau du jardin, fais cuire du riz, écris des notes de voyage. Je tue aussi le temps en jouant avec une vieille paire de menottes abandonnée près de la machine à écrire de marque Olympia...

 

'Clic !' Panique... L'étau se referme accidentellement autour de mon poignet. Me voilà prisonnier de moi-même. Je cherche une clé, ouvrant tiroir après tiroir, n'importe quelle clé, une scie, en vain... Il ne me reste plus qu'à attendre le passage d'un porteur de clés. A force de manipulations, la menotte se resserre davantage autour de mon poignet. Je ressens une terrible douleur.

 

Les collègues rentrent tard dans la nuit. Ils me trouvent en situation de garde à vue. Par chance ils comprennent ce qui s'est passé et éclatent de rire, un rire homérique qui doit réveiller tout le village.

 

'Quelqu'un aurait-il la clé ? je m'empresse de demander.

- Non, les clés de toutes les paires de menottes sont dans le bureau du capitaine de la Police nationale, à Asunción !'

Je m'inquiète en leur montrant mon poignet retenu prisonnier :

'Combien de temps vais-je rester ainsi ?

- Notre relève est assurée la semaine prochaine. Nous allons téléphoner aux collègues de la capitale et demander des clés.'...

Paulo et Fernando (les policiers) ne semblent pas partager mon inquiétude. Fernando en rajoute de plus belle au comique de la situation ; il a pris mon sac sur le dos et se met à courir en rond dans le jardin. Je me croirais tout à coup propulsé dans la cour d'un asile psychiatrique. Il est trois heures du matin. Paulo prend place face à la machine à écrire et tape le rapport de leur ronde nocturne, tournant parfois les yeux, juste les yeux, dans ma direction... Au terme d'une bonne demi-heure de dactylographie, il range les feuilles de son rapport, les empile, égalise le tas en donnant de petits coups sur le côté, puis vient me voir en portant la main à sa poche de pantalon pour en extraire une clé de coffre à trésor :

'Bon, coco, il est temps qu'on te libère !' »

 

Comme quoi il n'y a pas que les français qui aiment l'humour !

 

Pierre Scherb

www.pierrescherb.ch

 

18:37 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jamel balhi |  Facebook | | | |

Commentaires

d'après le new-yorker tribune "28 sept, 2010" , le ministère publique helvétique va transmettre les noms des clients américains et allemands ayant des comptes dans des banques suisses aux autorités des pays concernés !

Écrit par : Corto | 29 septembre 2010

@ Corto,

Je vous remercie de ce message, même si je ne comprends pas le lien avec ma note.

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 01 octobre 2010

Bonjour

Je suis l'auteur du récit « Au cœur des Amériques » dont vous mettez en ligne sur Internet de généreux extraits, ainsi que des photos... J'en suis bien content mais je vous prie seulement de m'expliquer vos motivations.... Merci.

Jamel Balhi

Écrit par : Jamel Balhi | 01 octobre 2010

Bonjour, cher Monsieur,

Je viens de terminer votre livre et, ainsi, d'apprendre votre adresse e-mail. Je pensais vous écrire et voilà la jolie surprise que vous lisez mon blog. Je cours moi-même un peu à mes heures perdues, raison pour laquelle je me suis intéressé à vos livres. Je me suis permis de copier quelques extraits pour donner à mes lecteurs envie de lire plus et, peut-être, d'acquérir un de vos livres.

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 01 octobre 2010

coucou,
je fais le tour des usa en stop , a voir : www.aicha-blog.tumblr.com, merci aicha , l auto stop .

Écrit par : lebal | 06 juillet 2011

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