30 septembre 2010

Chasse : la Constituante choisit l'hypocrisie !

 

Les gardes-faune continueront la chasse dans le canton de Genève, malgré une « interdiction de la chasse » fixée dans la constitution. Voici mon intervention à ce sujet, dévoilant l'hypocrisie de ce procédé.

 

La chasse a été interdite par votation du 19 mai 1974 dans le canton de Genève à une très faible majorité. En vérité, il ne s'agit que d'une interdiction de façade, car l'alinéa 2 de l'art. 178 A de la Constitution prévoit que le Conseil d'Etat peut lever l'interdiction, sur préavis d'une commission formée des représentants des associations protectrices des animaux et de la nature.

 

Le Conseil d'Etat a-t-il utilisé cette possibilité d'autoriser la chasse ?

 

Oui, et de manière massive : En 2009, le canton de Genève occupait 16 gardes-faune qui consacraient 20% de leur temps à tirer du gibier faisant des dégâts dans les cultures.

 

La chasse, un ancien droit régalien, qui rapporte de coquettes sommes aux autres cantons et Etats voisins, versées par les chasseurs pour leurs concessions de chasse, nous coûte à nous, citoyens et habitants de Genève, le tout aussi coquet montant de 400'000 F. par an en forme de salaire pour lesdits 16 gardes-faune.

 

Il est temps de mettre un terme à cette hypocrisie, résultat d'un vote fortuit de 1974, et de reconnaître que le Canton de Genève ne peut pas se priver d'une chasse contrôlée.

 

La Commission formée pour aider le Conseil d'Etat à régler la chasse doit en outre être composée non seulement des représentants des associations protectrices des animaux et de la nature, mais aussi des représentants des chasseurs. Ce sont en réalité eux qui depuis des siècles protègent à côté de l'homme, aussi la faune et la flore en même temps. Faut-il encore rappeler que la consommation de la « chasse » n'est pas interdite, ce qui est une autre hypocrisie concernant cette soi-disant « interdiction de la chasse » dans notre canton. Et je peux vous assurer que je n'ai jamais mangé autant de chasse que depuis mon installation dans le canton de Genève.

 

Le peuple souhaite sans doute une constitution allégée et plus compréhensible que celle en vigueur, raison pour laquelle je propose de ne pas aller trop dans les détails et de laisser le Conseil d'Etat choisir les critères applicables pour régler la chasse.

 

Cessons donc de nous tromper nous-mêmes et ayons le courage d'admettre l'évidence, en votant mon amendement qui concerne les thèses 501.21.a et 501.21.b et dont la teneur est :

 

La chasse est réglée par le Conseil d'Etat, sur préavis d'une commission formée des représentants du milieu de la chasse et des associations protectrices des animaux et de la nature.

 

A relever encore que la Présidente a carrément oublié de faire voter cet amendement. Bravo pour le respect du règlement !

 

Pierre Scherb

 

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17:49 Publié dans Droit public | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : constituante |  Facebook | | | |

Commentaires

Bravo M. Scherb, vous avez beaucoup de courage d'écrire ceci sur la TDG, moi-même valaisan et chasseur, je sais combien les insultes et les mépris que ne manquera pas de vous rapporter des personnes qui mettent toute leur haine afin de nous détruire ( les chasseurs), et pourquoi? Parce que d'après eux nous sommes des pervers! Sans aucune autre forme de procès.
Les valaisans ont en a pris plein la gueule ces derniers temps avec le loup et la motion votée au National aujourd'hui va relancer les insultes...
De plus ces mêmes donneurs de leçon (à part une poignée de fanatique végétarien) ne rechignent pas à manger un bon steack.
Que d'hypocrisie.

Bien évidemment que la chasse bien encadrée par des plans de tirs élaborés et adaptés est une gestion totalement efficiente des populations de gibier.
Aucun biologiste ne dira le contraire. Mais le massacre (tir au phare de nuit) organisé par le canton de Genève pour réguler sa population de sanglier est une honte, régulièrement citée en exemple sur plusieurs blog de la TDG.
Encore une hypocrisie citadine de plus. Il suffit de vous bander les yeux pour vous faire croire au Père-Noël.
Bonne chance à vous, avec une population qui a totalement perdu le contact avec la vraie nature, celle de tous les jours s’entend et pas celle des balades du w-e, vous avez encore du travail. Les écolos veillent au grain et alimentent les clichés d'une nature à la Walt Disney, avec un magnifique loup tout gentil au milieu pour le plus grand plaisir des citadins.
Bonne chance sur Genève. Bien content d'être de retour en Valais après un exil de plusieurs années en ville.

Écrit par : Michel | 30 septembre 2010

Mauvaise foi contre hypocrisie ?

Vous évitez soigneusement de parler du principale problème que poserait la chasse a Genève:
Ses espaces naturels sont minuscules et bondés de promeneurs avec enfants et chiens, de VTT, de sportifs et pic-niqueurs en tous genre etc... Ça serait a peine plus dangereux et ridicule que d'autoriser la chasse au parc des bastions ou au bois de la bâtie.

Alors les gardes faune qui procède de nuit, c'est peut-être pas très glorieux mais au moins ils ont blessé ou tué personne.

Écrit par : Eastwood | 30 septembre 2010

@ Michel,

Je vous remercie de vos encouragements.

@ Eastwood,

Pourriez-vous me dire quand un chasseur a pour la dernière fois tué une personne à Genève et combien en ont été tuées de cette manière durant le 20ème siècle?

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 01 octobre 2010

Michel sachez que cette année en Valais il n'a été tiré que 3 sangliers durant la période de la chasse haute.

Ci-après un commentaire publié sur le Nouvelliste :

Commentaire de Les rives du bisse - jeudi 30 septembre 2010, 07:10

Appel à mes amis chasseurs !

Maintenant que vous avez rempli vos congélateurs de chamois, cerfs, chevreuils de grâce organisez des battues afin d’éradiquer du Valais le pire ennemi des agriculteurs et vignerons, j’ai nommé le sanglier.

Je serais heureux d’apprendre que grâce à vous plus de 400 sangliers ont passé de vie à trépas cette année.

N’hésitez pas et tirez !
Faite nous la démonstration que vous êtes bien plus subtil et intelligent que cette sale et si nuisible bestiole.

P.S. Dommage que le braconnage soit interdit…

Écrit par : Hypolithe | 01 octobre 2010

@Pierre Scherb
.
A Geneve aucun chasseur n'a blessé de passant depuis que la chasse est interdite.
.
Depuis cette époque la population s'est densifié et le tissu urbain s'est étendu. il n'y a plus aucune vrai zone naturelle ou isolée, et il est donc juste impensable de laisser des chasseurs ferrailler au milieu des promeneurs ou en bordure des zones villas.
.
Par contre dans les autres cantons: D'après la SUVA 250 à 300 accidents de chasse sont recensés chaque année en Suisse.
.
Et même si c'est en France, voici une collection assez édifiante d'exemple d'accident de chasse: http://www.lepost.fr/tag/accident-de-chasse/

Écrit par : Eastwood | 01 octobre 2010

Hypolithe, connaissez-vous les causes de ce désintérêt des chasseurs pour tirer du sanglier?

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 01 octobre 2010

@ Eastwood

Merci, vous me rassurez: personne n'a été tué par un chasseur en Suisse! Quant aux accidents de chasse recensés par la SUVA, je suppose qu'il s'agit de chutes des chasseurs, etc., sans blessures par balles, sinon nous l'aurions sûrement appris. Les journalistes ne nous auraient pas privé de ces informations, dans la mesure où l'opinion publique est plutôt contre la chasse.

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 01 octobre 2010

Comme je l'ai dit dans mon 1er commentaire vous focaliser exclusivement sur quelques points sélectionnés pour éviter les questions fondamentales.

Alors on ouvre le bois de la bâtie a la chasse ? Et si non pourquoi pas ?

Ceci dit je ne vais pas perdre plus de temps sur ces questions purement théoriques, puisque la reintroduction de la chasse n'a absolument aucune chance a Genève, comme vous le dites vous même l'opinion publique est contre.
Il en découle que par cette prise de position vous rendez un bien mauvais service a votre parti. Ironiquement ça rejoint cette tendance au sabordage que je croyais être l'exclusivité du PS.

Bon weekend.

Écrit par : Eastwood | 01 octobre 2010

Eastwood, vous avez raison, le vote a eu lieu. Il faut avancer et se tourner vers d'autres sujets.

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 02 octobre 2010

@ Pierre Scherb Je n’en ai aucune idée.
En Valais la chasse au sanglier fait l’objet d’une réglementation très stricte interdisant la chasse individuelle. Elle n’est autorisée qu’en groupe de 8 à 15 personnes. Elle se pratique de jour de 08h00 à 17h00 et se répartit sur 8 samedi. Elle est interdite en plaine.
Etc etc.
Avec de telles mesures restrictives on ne s’étonnera point que ces bestioles pullulent en plaine, mettant en danger les utilisateurs des routes de plaine située entre St Gingolph et Conthey.
Pour mémoire les sangliers passent de Genève vers la Haute Savoie et entre en Valais en utilisant la voie de chemin de fer de la ligne du Tonkin permettant de traverser la rivière de la Morge à pieds secs.

Écrit par : Hypolithe | 02 octobre 2010

Un grand bravo à Mr Scherb pour son courage et pour oser affronter le politiquement correct (synonyme en 10 lettres : hypocrisie). La situation est la suivante : les initiants de 1974 ont délibéremment ou pas trompé les 21 % des votants, car ils promettaient un Eden pour la faune qui s'auto-régulerait et que de ce fait plus aucun animal ne serait tué ! Les Faits : depuis lors, il faut payer le double de gardes - faune qu'en 1974 pour tirer plus de 30'000 mammifères et oiseaux. Certains animaux devant impérativement être tirés, pourquoi ne pas le faire intelligemment, dans un cadre stricte qui rapporterait des sous à l'état, plutôt que de demander aux contribuables de financer cette cacade ? Un autre fait avéré : plus de mort en CH par un tir de chasse depuis + de 35 ans !

Écrit par : Diana Nemrod | 12 juin 2012

autre précision : les chasseurs suisses doivent se soummetre à une formation stricte est longue (2 ans) et passer 2 examens, dont un consiste à prouver ses aptitudes au tir précis (afin de ne pas faire souffrir les animaux) et au maniment des armes selon les règles de prudence ad-hoc. Il serait intéressant de savoir si les gardes genevois que l'on nous présente comme un modèle en la matière ont eux aussi du passer des tels examens avant d'être laché dans le terrain à tirer sur les animaux. A ma connaissance tel n'est PAS le cas et comme "la régulation" se passe de nuit, il est impossible de savoir si ils ne blessent pas du gibier, mais récemment, des récits de sangliers blessés sont rapportés...

Écrit par : Diana Nemrod | 12 juin 2012

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