15 octobre 2010

La Genève internationale s'essouffle - réjouissons-nous !

 

La Tribune de Genève nous a appris hier que la Genève internationale est le plus gros employeur à Genève. Ainsi, l'ONU, les missions permanentes, le CERN, l'OMS, le BIT, l'OMPI, l'UIT, l'OMC et le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme occupent 16'645 personnes. Les 10 plus grandes sociétés privées multinationales, quant à elles, ont un effectif de 10'942 personnes.

 

Ce qui est en général décrit comme un fait inquiétant pourrait en réalité être un pur bénéfice pour les Genevois. Rappelez-vous qu'il y a donc 16'645 personnes obtenant un bon salaire, mais ne payant pas un centime d'impôt à Genève (250 millions de perte d'impôt annuel  approximativement). Bien entendu, toutes ces personnes avec leurs familles doivent être logées, ce qui exerce une pression indéniable sur le marché du logement, en Suisse (GE + VD) comme en France voisine. Bon nombre de Genevois ne trouvant plus où habiter à Genève, sont obligés à s'installer ailleurs. Et n'en parlons pas des autres infrastructures mises à disposition des fonctionnaires internationaux par la République et canton de Genève (écoles, crèches, musées, etc.).

 

Il se pourrait bien que le remplacement d'une partie de la Genève internationale par des sociétés privées d'origine étrangère ou suisse s'avèrerait être bénéfique pour tout le monde - et surtout pour le contribuable genevois !

 

 

Pierre Scherb

 

www.pierrescherb.ch

 

07:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : politique |  Facebook | | | |

Commentaires

Bénéfique à très court terme peut être, mais à moyen/long terme, ça ne résoudra pas le problème récurent de logement à Genève. Quand bien même de nouvelles entreprises privées viendraient s'implémenter à Genève (il va falloir se battre pour garder la souveraineté fiscale face à l'Europe), il faudra composer avec une partie des salariés étrangers qui viendront avec elles. Soit ces nouveaux venus se logeront à Genève et recréeront la pénurie de logements, soit il se logeront en France voisine et augmenteront les statistiques qui font le jeu du mcg.
Il faudrait que Genève déclasse quelques zones agricoles afin de pouvoir assumer sa croissance.

Écrit par : Eric | 15 octobre 2010

A court terme je pense que oui. Je n'ai qu'une inquiétude concernant l'AIG et ce qu'il pourrait perdre dans l'aventure. Mais avant de renvoyer les diplomates vers d'autres refuges dorés, ne pourrait-on pas déjà commencer par limiter de beaucoup le personnel sous immunité ? Pourquoi le 15ème balayeur d'une mission, d'un consulat, d'une ambassade ou d'une grande institution internationale serait encore couvert par une immunité avec en sus la chance de ne pas payer d'impôts au canton ? 16'645 "diplomates" qu'on transformerait en un seul groupe de 5000 exemptés d'impôts rendrait les diplomates moins arrogants et plus généreux avec les communautés qui les accueillent aussi largement que le fait Genève. Les diplomates coûtent plus qu'ils n'apportent mais cela personne ne veut l'admettre en haut lieu. Surtout pas les lèche-bottes de notre pauvre politique d'asservis. Non Monsieur Guy Mettan, je ne pense pas qu'à vous !

Écrit par : lappal | 15 octobre 2010

Cher Monsieur,

Vous titrez votre billet :

" La Genève internationale s'essouffle - réjouissons-nous ! " ???

Pourquoi donc nous en réjouirions-nous ?

Schadenfreude ?

Les activités économiques liées aux organisations internationales n'ont-elles pas contribué à faire la prospérité de Genève ? Le nom de notre ville aurait-il aujourd'hui atteint le même niveau de célébrité ?
Que serait par exemple l'aéroport aujourd'hui sans ces activités ?

Certes, il faut rééquilibrer l'économie genevoise, la diversifier en réduisant notamment la part des activités financières au profit d'activités techniques et scientifiques dans les secteurs de pointe par exemple.

Mais plus important encore, il est urgent de résoudre la crise du logement et je ne pense pas que le déclin des organisations internationales, réel ou souhaité par vous, puisse y contribuer. Les fonctionnaires internationaux occupent généralement des appartements qui ne répondant pas aux critères du marché. En effet, leurs loyers bien trop élevés pour la plupart des personnes à la recherche d'un logis. Je ne parlerai même pas des cadres, lesquels sont pour la plupart d'entre eux logés dans des villas, bien souvent dans la Pays de Gex ou en Terre-Sainte d'ailleurs !

Votre analyse est à courte vue !

Cordialement quand même !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 15 octobre 2010

@ Jean d'Hôtaux
Votre analyse est à courte vue, dites-vous à M. Scherb. Dans ce cas, la vôtre est à longue vue, celle qu'on regarde à distance avec la crainte de perdre un acquis que vous savez encombrant mais qu'il faut à tous prix garder à défaut de trouver mieux. Si j'ai bien compris, tout comme moi, vous ne faites pas partie des grands entrepreneurs de cette République, alors laissez les gens comem M. Scherb imaginer autre chose pour Genève que cette "manne" diplomatique qui ne vaut que ce que l'acheteur la paie, à savoir les genevois et la Confédération. M. Scherb est un élu à la Constituante et c'est précisément ce que nous demandions à ces valeureux élus : Osez et étudiez les faisabilités ! Au lieu de cela, c'est une bande de chiffonnier que l'on voit dans l'hémicycle parlementaire, des chiffonniers tout droit venus des partis politiques. J'aime par contre votre analyse qui tend à vouloir rééquilibrer l'économie genevoise, la diversifier tout en réduisant notamment la part des activités financières au profit d'activités techniques et scientifiques dans les secteurs de pointe par exemple. Une longue phrase qui mérite notre réflexion, du moins celle de nos élus.
Cordialement et bon week-end

Écrit par : lappal | 15 octobre 2010

Le fait est que la Suisse accueille un nombre croissant de grandes entreprises étrangères et que Genève devrait s’intéresser au phénomène.

Il n’existe pas de statistiques directes sur le sujet, mais la BNS et l’OFS réalisent des estimations des investissements directs dans l’immobilier qui permettent d’établir que la Suisse compte quelque 8500 entreprises contrôlées de l’étranger et que l’effectif global de leur personnel est passé d’env. 300'000 à près de 400'000 entre 2003 et 2008.

Pendant cette période, les 90% des investissements étrangers directs dans l’immobilier suisse et ayant une influence sur l’emploi ont été consentis par des entreprises qui ont investi plus de dix millions de francs pour cela. Ce sont donc plutôt de grandes entreprises multinationales, et d’autres sources indiquent que c’est plutôt leur siège qu’elles installent en Suisse, et pas de simples succursales de distribution.

Genève réunit certainement tous les critères permettant de séduire ces entreprises et de répondre à leurs attentes concrètes (accès, centralité, qualité, représentativité). Peut-être est-il temps de passer de la "Genève internationale" à la "Genève multinationale"?

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 15 octobre 2010

Je suppose que les fonctionnaires internationaux ne paient pas d'impôts à Genève mais peut-être dans leurs pays d'origine.Quoiqu'il en soit ce sont des accords internationaux qui sont impossible à dénoncer car cela ferait le jeu d'autres pays qui se mettraient sur la liste de candidature pour accueillir les organisations internationales. Vouloir le démantèlement qui va au-delà des organisations onusiennes pour une simple question d'équité d'impôts est impensable. Car chaque année, de nombreux congressistes viennent passer au moins quelques jours et c'est tout le tissu économique qui en profite. Sans parler des fonctionnares permanents, des ONG et des représentations diplomatiqued qui vont vivre les écoles privées genevoise de langue anglaise ou allemande.La région lémanique aggrandit (Vaud, France voisine et Genève) les accueille, les loge, les divertit, leur propose loisirs, les fait consommnet et voyager. De plus la Genève internationale accueille des conférences mais aussi régule le monde avec IUT/UIT et les normes ISO. Genève est une des villes de la gouvernance mondiale. On pourrait une fois élargir le mental dans cette région et ne plus penser petit et mesquin.

Écrit par : Suissitude | 15 octobre 2010

@ lappal :

Merci du commentaire que vous m'adressez !

Il m'incite à réagir sur plusieurs points.

1° Oui je pense que l'analyse de M. Scherb est à courte vue, car imaginer que le marché de l'immobilier va se détendre pour les Genevois de la classe moyenne du simple fait du départ de fonctionnaires internationaux n'est pas réaliste. Ceci tout simplement parce que les appartements et maisons vacants ne correspondent pas aux budgets de la plupart des personnes en recherche de logis.

Par ailleurs, et même si les fonctionnaires internationaux sont exemptés d'impôts (impôts directs précisons-le), ceux-ci vivent cependant à Genève et contribuent à l'économie locale. Par le biais de leurs achats, à l'exception de ceux effectués dans les magasins internationaux en franchise de taxes, ils paient la TVA qui est un impôt indirect.

M. Scherb parle de 250 millions de CHF de "perte fiscale" occasionnée par les fonctionnaires internationaux. On croirait entendre M. Woerth, ancien ministre français du budget, s'exprimer sur les exilés fiscaux de l'Hexagone !
N'est-ce pas un peu cocasse ?
Car comment peut-on parler de perte, dès lors qu'il ne s'agit que d'une hypothétique possibilité de rentrée fiscale ?
Et puis pour parler de perte, il faudrait comparer ces 250 millions de CHF avec l'impact de ces fonctionnaires internationaux sur l'économie genevoise.

2° Remplacement des fonctionnaires internationaux par des employés de sociétés multinationales.
Dans ce scénario, M. Scherb souhaite "abandonner la proie pour l'ombre", car dans la situation économique actuelle, on ne créé pas d'emplois d'un simple claquement de doigts. On peut naturellement songer à l'implantation de sièges de sociétés multinationales auxquelles on accorderait des faveurs fiscales. Mais est-ce bien cela que nous voulons, à l'heure où l'UE fait pression sur la Suisse pour lui faire cesser ces pratiques ? N'est-ce pas un choix précaire car dangereux, car ce genre d'implantations est connu pour sa grande volatilité. En effet, rien n'est plus mobile que le siège d'une multinationale.

Finalement est-ce bien sage de mettre tous nos oeufs dans le même panier, plutôt que d'engager une réflexion sur le rééquilibrage de l'économie genevoise ?

3° Si je vous comprends bien "lappal", vous me dites que M. Scherb aurait plus de légitimité à s'exprimer et à proposer des idées, du fait de son statut d'élu à la Constituante, que le simple citoyen dont je fais partie ?

Ce n'est pas ma conception de la démocratie.

Il va de soi que M. Scherb est parfaitement dans son rôle en proposant des idées pour l'avenir de Genève sur son blog hébergé par la TdG, comme je suis dans le mien, celui de citoyen suisse, en tentant de démontrer l'utopie de ses propositions. C'est même l'objectif d'un blog, lequel consiste à échanger et à confronter des idées. C'est ainsi que l'on fait avancer les choses me semble-t-il ?

4° Vous semblez déplorer le climat délétère qui règne au sein du Grand Conseil en évoquant une "bande de chiffonniers". En cela je partage tout à fait votre avis et je trouve même cela honteux !

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16 octobre 2010

Chers commentateurs,

Je vous remercie de vos message. La réflexion continue...

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 19 octobre 2010

Cher Monsieur,

Je serais assez tenté de vous dire ce que votre parti dit aux étrangers: SI vous n'êtes pas content ou heureux chez nous, pourquoi ne retourneriez-vous pas chez vous, de l'autre côté de la civilisation. Là où les prés sont verts et les cloches sonnent toute la journée!

Je vous croyais plus évolué que cela cher Monsieur. Si Genève n'avait pas cette vocation internationale, il est vrai que nous n'aurions pas à refouler les étrangers puisqu'ils ne viendraient tout simplement pas. Mais vous non plus n'auriez pas la carrière qui est la vôtre et votre droit se limiterait au sabot gauche de votre vache!

Décidément je crains de plus en plus pour notre future constitution car avec des lumières comme vous, nous allons rester dans les ténèbres encore longtemps!

Pourquoi insister à rester ici à Genève, retournez chez vous, tout vous conviendra mieux!!

Écrit par : Calvin | 28 novembre 2010

Cher Calvin,

Je vous remercie pour votre commentaire. Consolez-vous: je me plais bien à Genève. Il ne faut pas prendre une note un brin provocateur pour l'expression d'une position ferme. Je vous rappelle à ce sujet que l'UDC a accepté l'extension de l'OMC.

Meilleures salutations.

Écrit par : pierre Scherb | 28 novembre 2010

Merci Ami Scout pour ces écrits me faisant dire,ouf en refusant mon adhésion en politique,j'ai échappé au pire,parcontre j'admire depuis des siècles les échanges dont vous seuls savez maitriser le verbe et l'épée!Merci encore pour ces quelques lignes confortant mon rôle de scoute observateur.

Écrit par : lovsmeralda | 28 novembre 2010

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