10 novembre 2010

Bernard Rappaz est-il un prisonnier politique ?

 

En lisant la requête de grâce du chanvrier Bernard Rappaz, publié sur son blog, il semble qu'il se prend pour un prisonnier politique. Il y décrit ainsi une vie d'activité politique dans divers mouvements, associations, festivals alternatifs et Union de producteurs valaisans et suisses. La plupart de ces activités ne semblent pas avoir plu aux autorités valaisannes, ce qui parait compréhensible.

 

Celles-ci n'étaient donc pas très enthousiastes lorsque Bernard Rappaz a commencé à défendre la culture de chanvre, dont il loue les aspects positifs dans divers domaines (thérapeutique, alimentaire, construction, aromatique, textile, papier, animaux, industriel, énergie et récréatif). Sans nier que le chanvre contient une drogue (le THC pour delta-9-tétrahydrocannabinol consommé en tant que haschisch, cannabis, huile de haschisch), il ajoute que ces substances n'ont encore tué personne. Il ne traite pas les aspects négatifs de la consommation du cannabis, comme des changements de l'humeur, de la perception, de la pensée et de l'état de conscience, un abrutissement de la personne pour faire court.

 

Bernard Rappaz décrit les déboires personnels et financiers qu'il a subis, malgré le fait d'avoir obtenu gain de cause à plusieurs reprises devant le Tribunal fédéral. Il ressent ainsi sa condamnation à 5 ans et 8 mois d'emprisonnement comme la « cerise sur le gâteau ».

 

Tout cela ne fait pas de lui un prisonnier politique, plutôt un pauvre hère pris dans des événements qui le surpassent. Les autorités valaisannes pourraient donc suspendre sa peine une deuxième fois, sans perdre la face pour autant.

 

Pierre Scherb

 

Lien pour prendre contact : www.pierrescherb.ch

 

09:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | | | |

Commentaires

Robin des Bois était-il un prisonnier politique? Qu'est-ce qu'un prisonnier politique? Cela dit peut-être est-ce intentionnellement que vous n'avez pas créé un lien hypertexte renvoyant sur le site du chanvrier. Ce lien aurait permis aux internautes de lire la demande en grâce. Pour réaliser un lien hypertexte, rien de plus simple, suivez les instructions exposées ici http://webzine.blog.tdg.ch/archive/2008/07/16/creer-des-liens-hypertextes.html Au plaisir de vous lire.

Écrit par : JF Mabut | 10 novembre 2010

J'aime bien Bernard Rappaz. Je ne suis ni juge, ni curé, ni dieu le père et ne souhaite être aucun des trois. Je ne suis pas non plus consommatrice de canabis. Je ne le juge donc pas, mais je l'aime bien. J'aime les gens qui ont du poil au schtroump et qui vivent la devise des bikers "Live hard, die free" (vis dangereusement, meurt libre) autrement que tatouée ou imprimée sur un t-shirt. Mais - comme disait Georges Brassens dans "la mauvaise réputation" - les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux.
Ce qu'il y a de terrible, c'est qu'un jour le canabis sera légalisé. Vous n'y croyez pas? Oh, mais que si, lorsque les autorités ne sauront plus que taxer, il restera bien le canabis à taxer, voyons, donc à légaliser.
Ceci dit: qui est-ce qui le prive de nourriture? les médecins, ou la justice qui ne se dépêche pas vraiment de réviser son procès et qui met la faute sur les médecins...
Bernard, je te tiens les pouces

Écrit par : Katiak | 10 novembre 2010

S’exprimer sur un tel thème, c’est important.
Essayer de démontrer le ridicule qui émane de la pensée de M. Scherb constitue une tache dure parce que je comprends des enjeux lointains de la noblesse que le sujet impose ; monologues parallèles ne sont pas de raison.
Par contre, Katiak soulève le principal de la question, à mon avis.
Parce que je ne souhaite pas suggérer que tout ce procès a beaucoup de perfide, je pense à un phénomène anodin et sans enjeux ; ainsi j’aimerais au moins, illustrer le caractère absurde de l'histoire.
Quand je suis venu en Suisse, je circulais en voiture avec les phares allumés pour mieux me « signaler » (cela se faisait à l’étranger, dans les pays moins développés). J’ai reçu pour cela plusieurs avertissements de la part des agents de sécurité de la route ; aujourd’hui ces mêmes agents nous arrêtent pour nous demander d’allumer les phares …
Si l’on tient en compte des enjeux de cette affaire une seule décision digne est envisageable (à mon sens).

Écrit par : Júlio | 10 novembre 2010

Attention quand même cher monsieur Scherb. Notre société cache en son sein beaucoup de "prisonniers politiques" comme BR. Certains, comme lui, tentent leur va-tout d'intimidation, une sorte de Baroud d'honneur, pour arriver à leur fin. Mais au final c'est eux seuls qui payent l'addition. Pour BR, la "faim" de non-recevoir émise par la justice valaisanne et les médecins, le condamne définitivement. Mais il y a les autres cher monsieur, les exclus des Autorité politiques et administratives. Ceux-là, ils ont d'autres moyens violents de se faire entendre. Pensez seulement à Zug et Nanterre et dites-vous qu'il est très dangereux de jouer avec l'irrationnel quand on occupe une fonction dominante. En ce moment, l'UDC parle beaucoup du chanvrier. Mais qu'avez-vous fait jusqu'à maintenant de concret pour "éliminer" les criminels récidivistes. Votre intitiative à voter fin novembre ? De la foutaise tout cela car vous savez pertinemment que les mesures ne pourront être appliquées pour les sans-papiers et autres bandits de grand chemin qui se savent protégés par des lois encore plus protectrices pour eux. Et quand la frustration est grande, naissent alors des BR et autres citoyens normaux qui pêtent un plomb en l'espace de quelques minutes. Le dernier en date s'est donné la mort sur la Promenade de la Treille, sous les fenêtres du Conseil d'Etat..........

Écrit par : lappal | 10 novembre 2010

Effectivement, tout dépend de la définition que l'on choisit pour définir le "prisonnier politique". Le terme peut tout à fait s'appliquer à Bernard RAPPAZ, dans la mesure où il a été systématiquement rejeté au fil des ans par la classe dominante valaisanne, tant politique que judiciaire.
Ce fut le cas dès le départ, lorsqu'il se montrait précurseur dans son canton pour toute une série de domaines qui par la suite sont entrés dans les moeurs et font désormais figure de banalités. Pas étonnant dès lors qu'il ait développé une attitude de frondeur et un système de défense.
On ne peut s'empêcher de penser que cette même personne, à Zurich, Genève, Lausanne par exemple, aurait d'emblée trouvé un soutien de la part des autorités qui auraient su repérer ses capacités et lui permettre de les exploiter au mieux - au lieu de chercher à le domestiquer -. Dommage !
Il ne reste au Valais qu'à cesser de considérer la situation actuelle comme un combat ou une défloration d'image, et à accepter une libération libératoire pour tous.

Écrit par : hortensia | 10 novembre 2010

Le chanvre ne provoque pas l'abrutissement de la personne mais plutot une profonde prise de conscience du lien entre l'homme et la nature.
L'auteur de cet article est très certainement un de ces néo con ultralibéraux qui ne jurent que par la croissance de quelques entreprises de destruction et d'asservissement.
Une bonne moitié de la nouvelle génération fume du chanvre et on va finir par vous foutre au cul tous vos mensonges de petits fachos de salon.

Écrit par : bud | 10 novembre 2010

@ bud:

Le ton de votre commentaire et l'aveu que vous "fumez du chanvre" est la meilleure preuve de l'abrutissement de la personne dont je parlais.

@ tous: Je vous remercie de vos commentaires.

Écrit par : Pierre Scherb | 10 novembre 2010

La question est pourtant très simple: la peine de mort existe-t-elle en Suisse? Y a-t-il une majorité qui y est favorable? Si oui, alors il faut effectivement lancer une initiative dans ce sens. L'hypocrisie ça va un moment. Voir toutes ces hyènes attendre le cadavre de M. Rappaz est un spectacle dégueulasse.

http://rappazbernard.romandie.com/

Et une justice sereine en Valais est impossible. S'il doit être jugé c'est ailleurs. On assiste à une véritable chasse au sorcier. Je n'avais pas conscience qu'autant de mes compatriotes étaient des salopards quand il s'agit de la vie d'un homme. La loi a bon dos si elle permet de laisser mourir un homme, voire de souhaiter sa mort.

Écrit par : Johann | 10 novembre 2010

Purifions Rappaz. Imaginons que la seule infraction que celui-ci n'ait jamais commise soit le commerce de cannabis et posons nous la question de savoir s'il serait alors un prisonnier politique.

Celui qui s'oppose aux normes d'une société et est privé de sa liberté à raison de ce fait est-il de ce seul fait un prisonnier politique ? Non. Ou bien alors le pédophile revendiquant la libéralisation de la pédophilie serait, une fois arrêté à raison de ses méfaits, un prisonnier politique.

Celui qui est embastillé à raison de ce qu'il défend une majorité opprimée par une minorité dictatoriale est-il un prisonnier politique ? Sans doute. Robin des bois est alors un prisonnier politique mais Rappaz ne l'est pas. Rappaz a la majorité contre lui comme le démontre le refus de l'initiative relative à la libéralisation du cannabis.

Est-ce que celui qui est embastillé à raison de ce qu'il défend une importante minorité opprimée démocratiquement par la majorité est un prisonnier politique ? Ce n'est pas impossible si l'on admet que la démocratie peut conduire à la dictature de la majorité. Et Rappaz ? L'histoire nous le dira.

Écrit par : CEDH | 11 novembre 2010

Personnellement je pense que Bernard est prisonnier de "SA POLITIQUE"
J'ai moi même milité pour la dépénalisation du chanvre, il est vrai sans grande conviction, comment le peuple suisse aurait-il pus accepter l'initiative alors que l'Europe y était farouchement opposée et même la Hollande parlais de fermer ses Coffeeshop au seuls ressortissants de sa nation? Le combat était perdu d'avance. Depuis même la Californie est revenue sur ses intentions.
Si l'état accordais la grâce demandée par BR ne devrais il pas par la suite accéder à d'autre demande de grâce de personne ayant commis que le délit de trafic de chanvre(et dérivés).
Il ne faut pas oublier non plus que le chanvre n'est pas le seul chef d'accusation...
D'autre parts, BN est encore en attente d'un procès qui devrais se dérouler au mois de décembre mais au vus de son état de santé, je doute qu'il aie lieu...
et après ce dernier si toutefois il a lieu, il recommencera ou continuera une grève de la faim?
Je pence que les personnes qui s'adonnent au trafic de Chanvre ou autre sont toutes conscientes des risques qu'elles prennent en acceptent les éventuelles conséquences. Et sur ce sujet BR est loin d'être un ignorant.
Finalement BN connaissant bien les médias il en joue...
Au final en qualité de parent je trouve navrant de crever pour un idéal narcissique plutôt que de voir grandir ses enfants... même a travers des barreaux et il n'est pas plus dommage que certain criminels en cols blancs dont il s'est inspirer les méthodes.

yenamarre

Écrit par : yenamarre | 11 novembre 2010

Il se bat pour une cause mais cette cause n'est pas la bonne, il risque d'en mourir c'est navrant pour sa fille mais pas pour lui, qu'a-t-il à perdre puisqu'il a tout perdu ou presque! Je ne peux comprendre qu'on le mette sur le devant de la scène, il y a bien des gens dont on devrait parler pour l'image positive qu'ils véhiculent mais là on les oublie alors que les état d'âme de BR font la une des journaux, c'est pitoyable!

Écrit par : Solilene | 11 novembre 2010

Une partie du groupe parlementaire sera unanime… indique son représentant…

Écrit par : Júlio | 16 novembre 2010

Quand ferez vous le même procès à l'alcool...on dirait qu'ils rendent volontairement les jeunes alcooliques, ça rapporte tellement plus !...car ceux qui ne peuvent pas fumer du cannabis se ruent sur l'alcool ...les médicaments...les solvant et autres. Ceux qui veulent se torcher se torches avec des produits invraisemblables. Si on est dans l'autodestruction, c'est un état d'esprit!...Le cannabis à bon dos!Même L'excès de chocolat tue aussi....!
Svp mettez les producteur d'alcool sous les feux de la rampe comme- BR -

Écrit par : pasjuste | 23 novembre 2010

Les commentaires sont fermés.