22 janvier 2011

Vivre dans son époque

 

louiseackermann.jpgFoi de commentateur, il fait du bien de vivre dans son époque ! Quoi, avec tous ces horreurs que nous voyons quotidiennement à la télévision ? Avec les campagnes de désinformation, avec le chômage ? Avec nos politiciens qui ne pensent qu'à eux-mêmes et non au bien du peuple ? Avec tout ce qu'il y a de pourri partout ?

 

Bien sûr que oui. Ouvrons les yeux : les problèmes ont toujours existé. L'Europe a connu d'immenses horreurs et c'est pareil pour les autres continents. La fin du monde était toujours pour le lendemain. Et pourtant, les oiseaux chantent et même l'homme aperçoit de temps à autre la beauté du monde.

 

Je regarde donc autour de moi et je découvre les poèmes, si vous voulez avec vous. Je commence par une époque que j'aime, à savoir le romantisme. Le premier auteur choisi est Louise-Victorine Achermann avec son poème La Guerre (première partie, avec une pensée pour la Côte d'Ivoire) :

 

La Guerre.

À la mémoire de mon neveu

Le lieutenant Victor Fabrègue

Tué à Gravelotte.

 

I

Du fer, du feu, du sang ! C'est elle ! c'est la Guerre

Debout, le bras levé, superbe en sa colère,

Animant le combat d'un geste souverain.

Aux éclats de sa voix s'ébranlent les armées ;

Autour d'elle traçant des lignes enflammées,

Les canons ont ouvert leurs entrailles d'airain.

 

Partout chars, cavaliers, chevaux, masse mouvante !

En ce flux et reflux, sur cette mer vivante,

A son appel ardent l'épouvante s'abat.

Sous sa main qui frémit, en ses desseins féroces,

Pour aider et fournir aux massacres atroces

Toute matière est arme, et tout homme soldat.

 

Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles

De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles,

Quand un peuple agonise en son tombeau couché,

Pâle sous ses lauriers, l'âme d'orgueil remplie,

Devant l'œuvre achevée et la tâche accomplie,

Triomphante elle crie à la Mort: « Bien fauché ! »

Oui, bien fauché ! Vraiment la récolte est superbe ;

Pas un sillon qui n'ait des cadavres pour gerbe !

Les plus beaux, les plus forts sont les premiers frappés.

Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne

L'Humanité, semblable au champ que l'on moissonne,

Contemple avec douleur tous ces épis coupés.

Hélas ! au gré du vent et sous sa douce haleine

Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,

Sur la tige encor verte attendant leur saison.

Le soleil leur versait ses rayons magnifiques ;

Riches de leur trésor, sous les cieux pacifiques,

Ils auraient pu mûrir pour une autre moisson.

Paris, 8 février 1871.

 

Pierre Scherb

 

Lien pour prendre contact : www.pierrescherb.ch

 

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Commentaires

J'abuse une dernière fois de votre hospitalité pour vous dire que je déménage mon blog de la Tribune de Genève pour raison de censures répétées. Son contenu se trouve au nouveau blog que je vous invite à visiter http://blog.sami-aldeeb.com. Merci de votre visite.

Écrit par : Sami Aldeeb | 22 janvier 2011

Personne ne regrette le sieur Aldeeb et ses dévoués acolytes toujours prompts à semer la zizanie dans notre pays.

Je ne puis comprendre pourquoi ce gaillard, dixit Pascal Couchepin, reste encore en Suisse. Qu’il aille donc se faire étriper chez ses frères de lait palestiniens et israéliens.

Merci de m’avoir fait connaître la poétesse Louise-Victorine Achermann

Écrit par : Hypolithe | 23 janvier 2011

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