25 janvier 2011

Adieu l'ami

 

Franck Ferrier s'en est allé - un collègue constituant et ami est parti.

 

Tu étais un des constituants que je connaissais le moins : du bord opposé (dans la salle et du groupe politique), je te voyais participer au débat en écoutant attentivement, en te formant un avis, en votant. Ce n'est qu'une fois, en automne dernier, que nous avons fait quelques pas ensemble - après une séance plénière. Je me souviens que tu mentionnais déjà tes problèmes de santé que je ne devinais cependant pas si graves.

 

Je découvre maintenant un texte de toi et qui ressemble à mes propres convictions :

 

« Vous le savez, j'ai été élu à l'Assemblée constituante... Le peuple souverain a décidé, il y a deux ans, de changer sa constitution, qui datait de 1847. Elle était devenue totalement obsolète. Nous étions 80 députés de tous les horizons politiques à avoir été élus à être installés devant une page blanche qui devait devenir la nouvelle constitution. Alors que je regardais cette assemblée, il m'est apparu clairement que si nous voulions réussir dans notre tâche nous devions éviter deux écueils. En premier lieu, nous devions éviter d'être agressifs les uns envers les autres, de nous invectiver sans nous écouter, et nous devions être attentifs aux propositions que les uns et des autres auraient à faire, quelque soit leur parti. Deuxièmement, nous devions nous engager. Quelles que soient nos connaissances du droit constitutionnel, nous devions faire nos propositions. Nous ne pouvions pas nous laisser aller à notre paresse naturelle et regarder les autres faire le travail pour nous. Nous ne pouvions pas nous abandonner au laxisme.

 

C'est ainsi que j'ai compris ce qu'était la liberté. Nous ne faisons partie du peuple souverain que si, d'une part nous ne nous livrons pas à la violence et que nous sommes attentifs les uns aux autres, et si, d'autre part, nous nous engagions à travailler avec tous nos moyens personnels à la vie de la communauté. La liberté n'est donc pas quelque chose de simple : elle repose sur des contraintes. »

 

Cher Franck, tu nous manques déjà. Mais nous allons continuer le travail que nous avons commencé ensemble, en nous inspirant des textes que tu nous as laissés et en pensant à cette liberté que nous souhaitons préserver pour les générations futures.

 

Pierre Scherb

 

Lien pour prendre contact : www.pierrescherb.ch

 

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