08 février 2011

Genève possède un département capharnaüm digne d'une république bananière

 

 

Eric Bertinat.jpgLe député UDC Eric Bertinat dresse ce constat dans sa récente proposition de résolution dont je vous livre ici les motifs :

« Quand un scandale éclate dans notre République, cela nous surprend. Quand ce scandale émane du DCTI, cela ne nous surprend qu'à moitié !

Il faut dire que ce département accumule les casseroles et fait régulièrement la une de la presse pour ses prouesses. Dernière affaire qui éclate au grand jour : le service de gérance de l'Etat et les privilèges qu'il accordait indûment à des tiers. Pourtant confidentiel, les points forts du rapport de l'Inspection cantonale des finances sont relatés par la presse. Ainsi, sur 129 pages, le rapport ne dresse pas moins de 49 griefs à ce service du DCTI. Parmi ces griefs on mentionnera la location d'une villa à vil prix, 411 soi-disant locataires mais exemptés de loyer, des parkings mis gracieusement à disposition, des loyers non indexés ou encore des critères d'attribution dont sont absents les intérêts de l'Etat. Au bout du compte, l'Etat a perdu des millions de francs suite à ces pratiques frauduleuses et acquis une image de République bananière, indigne d'un canton suisse !

Cette nouvelle casserole frappant un service du DCTI vient s'ajouter à une liste déjà très longue. En juin 2009, la Cour des comptes rendait son rapport concernant l'audit de gestion relatif au centre de technologies de l'information (CTI). Dans le rapport, leurs auteurs relèvent de nombreux dysfonctionnements, comme dans les ressources humaines, le pilotage des systèmes d'information et dans l'éthique de certains engagements. Le CTI avait l'habitude de recourir à la sous-traitance, le rapport indiquait que sur 541 temps pleins, 211 sont employés par des entreprises externes et détachés à l'Etat. Au bout du compte, c'est le contribuable qui fait les frais de cette gestion calamiteuse...

Plus récemment, c'est l'utilisation atypique des recettes provenant des loteries et paris sportifs activité rattachée au DCTI jusqu'à fin 2009- destinées à l'aide au sport que la Cour des comptes a mis en évidence. Le patron du DCTI a affecté des sommes en contradiction avec les buts légaux de défense du sport amateur et l'encouragement de l'éducation physique. Par exemple, en 2007, 200 000 F ont étés alloués au comité exploratoire en vue de l'organisation des Jeux Olympiques 2018 à Genève.

Installé aux commandes du DCTI depuis décembre 2005, le Conseiller d'Etat en charge de ce département aura eu plus de 5 ans pour y mettre de l'ordre. Ses récentes déclarations sur les ondes de la RSR, dans lesquelles il assure s'être attelé dès son entrée en fonction à la résolution des problèmes que connaissait le Service de la gérance du canton, résonnent comme les aveux d'une incapacité à gérer un tel département.

Le DCTI, tel un navire en perdition, ne semble plus avoir de véritable capitaine à son bord. En cas de pépin, la patate chaude est renvoyée par le chef à ses subalternes, renforçant le sentiment de la population d'une absence de hiérarchie dans ce département.

Au cours de l'année passée, le DCTI a par ailleurs connu une série de démissions. Divers collaborateurs occupant des postes stratégiques ont préféré quitter le vaisseau avant qu'il ne sombre et rejoindre le secteur privé.

Pourtant les défis que Genève doit relever pour assurer le bien-être de sa population sont nombreux. Alors qu'un solde migratoire conséquent entraîne une forte croissance démographique, la construction de logements ne suit pas et la promesse du Conseil d'Etat de réaliser 2500 logements par an devient une utopie.

Lassés des scandales à répétition d'un département laissé à l'abandon, les Genevois exigent des réponses. Jusqu'à présent, la population a payé les pots cassés de cette gestion calamiteuse et souhaite voir le DCTI remis à flot. Pour y parvenir, seule une réorganisation en profondeur le permettra. »

 

Pierre Scherb

 

Lien pour prendre contact : www.pierrescherb.ch

 

18:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : genève, udc |  Facebook | | | |

Commentaires

Tout est dit dans le seul titre! Stricte vérité.

Écrit par : Kissa | 08 février 2011

Ce foutoire m'étonne à moitié.
Savez-cous par exemple que le parc informatique de l'Etat de Genève est complètement flou. Chaque année, un inventaire est fait par des jeunes (souvent chômeurs). Ils relèvent sur un beau formulaire chaque matériel en place dans chaque bureau, notent la marque, les N° de série, et différentes indications permetant de localiser précisément le matériel.
Et oh première surprise, quelques jours plus tard au cours de leur recencement ils retrouvent le même matériel dans un autre bureau.
Et oh 2ème surprise, ils arrivent dans un local où de nombreus matériels sont entassés sur des étagères. Voulant les répertorier on leur dit de passer leur chemin car ils ne font pas partie du stock. Ah ! Ce serait des matériels défectueux à réparer ou à jeter. Ah bon ! Ont-ils été répertoriés comme du matériel hors stocks bon à jeter ? Cela m'étonnerait.
Et en tout état de cause, étant toujours dans les locaux de l'Etat, ils font quand-même partie du stock, non ? Et que deviennent-ils ? N'étant pas répertoriés, tout est possible n'est-ce pas ?

Écrit par : Lambert | 09 février 2011

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