Brexit: panique à bord

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La date de la sortie de l’Angleterre de l’Union Européenne approche inexorablement. Et elle fait peur. Nicolas Baverez, éditorialiste au «Figaro» a donc choisi de se pencher sur toutes les conséquences négatives d’un «Hard Brexit». Elles sont à son avis sous-estimées, voire même occultées. Il y aurait des coûts pour le Royaume-Uni, mais pas seulement. Il note dans son article repris par la Tribune de Genève de ce jour:

«L’Europe sera directement touchée. Sur le plan économique, le Royaume-Uni est systémique. Sa récession pourrait s’étendre au continent, au moment où l’activité en Allemagne connaît un trou d’air. Par ailleurs, les 27 membres de l’Union… ont été rattrapés par le chaos britannique lors du sommet des 11 et 12 avril. La division apparue sur le principe et le calendrier du report de la date de sortie masque des divergences profondes sur la stratégie à adopter vis-à-vis de Londres, notamment entre la France et l’Allemagne.»

En vérité, il ne s’agit pas seulement de divergences de stratégies, mais surtout d’intérêts. L’Allemagne a tout à perdre d’une sortie du Royaume-Uni qui est pour elle un partenaire commercial important. Elle n’aimerait donc pas le perdre. Il lui permet surtout aussi de bloquer toute décision de l’UE non conforme à ses intérêts. Sans le Royaume-Uni, elle perdrait cette possibilité. La France, quant à elle, souhaite justement affaiblir l’influence allemande, ce qui augmentera automatiquement la sienne. Cette divergence est apparue au grand jour, lorsque Emmanuel Macron a refusé d’accorder à la Grande-Bretagne un délai long pour le pousser hors l’UE le plus rapidement possible.

Nicolas Baverez plaide donc auprès de sa présidence afin qu’elle reconsidère sa position d’un accord inacceptable et que de vraies négociations aient lieu avant le 31 octobre prochain. Sera-t-il entendu? Au vu de l’écoute qu’ont eu les gilets jaunes, rien n’est moins sûr.

https://blog.pierrescherb.ch/2019/07/brexit-panique-bord.html

Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire

Commentaires

  • Qui croit en l'avenir de l'Angleterre, à part les brexiters, certainement personnes.
    Nous sommes à nouveau dans une guerre froide, USA vs Chine, avec de multiples guerres locales.
    L'économie mondialisée est entravée par la politique.

    Dans ce contexte les anglais qui deviendront les toutous des américains sont naïfs de croire que Trump accepterait que les anglais aient de grands liens économique avec la Chine.
    L'Angleterre va souffrir du contexte politique mondiale alors que l'UE est suffisamment fort pour commercer avec tout le monde. A terme, le choix d'être le toutou des USA ne va pas tenir à la réalité économique, son économie sera freinée par la politique américaine.

    Quant au Brexit, il y aura des conséquences sur l'Europe, mais l'UE sans l'Angleterre, a des chances de se transformer pour faire face aux nouveaux défis mondiaux. Le départ de l'Angleterre est une chance pour l'UE.
    Lorsque les anglais auront compris qu'ils sont dans le 21eme siècle, et qu'ils ont perdu leur empire, alors ils penseront peut-être que la maison européenne n'est finalement pas si mal.

    Bref, autant que les anglais partent de suite, avant une crise économique mondiale, parce que là, ce serait terrible.

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