19 février 2011

Le compte à rebours a commencé pour Alassane Ouattara

 

Le président de la Côte d'Ivoire reconnu par une partie de la « communauté internationale » joue son va-tout. Il multiplie les appels à la « révolution à la tunisienne » et autres manifestations. Bien entendu, il sait que le jour de l'arrivée des cinq chefs d'Etats faisant partie du Panel arrive bientôt (Jacob Zuma devrait faire le voyage le 21 courant). Les décisions contraignantes pour les deux parties seront alors prononcées.

 

Il est évident qu'Alassane Ouattara ne s'attend pas que celles-ci soient en sa faveur (un projet des décisions circule déjà), raison pour laquelle il préfère pousser le peuple ivoirien à bout au lieu de renoncer aux mesures d'étranglement décidées.

 

Pierre Scherb

 

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18 février 2011

Laurent Gbagbo trouve une réponse à toutes les attaques (Côte d'Ivoire)

 

La guerre commerciale fait rage en Côte d'Ivoire. Le président reconnu par une partie de la « communauté internationale », Alassane Ouattara, tente d'asphyxier financièrement ce pays, avec l'aide de l'ONU, de l'Union Européenne et des Etats-Unis.

 

Plusieurs banques françaises en Côte d'Ivoire ont ainsi fermé leurs guichets, ce qui a incité le quotidien « Le Figaro » à annoncer, le 15 février 2011 : « La stratégie de Ouattara porte ses premiers fruits à Abidjan ».

 

La joie n'était cependant que de courte durée, car, ni une, ni deux, le gouvernement ivoirien a décidé de nationaliser les banques ayant fermé leurs agences. Rappelons que ces événements se produisent quelques jours seulement avant la publication des conclusions du Panel des cinq chefs d'Etat avec des décisions contraignantes pour les deux parties.

 

Pierre Scherb

 

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13 février 2011

Les élections en Côte d'Ivoire seraient annulées

 

Selon un mémento confidentiel*, les experts du Panel des cinq chefs d'Etat proposent d'annuler les élections du 28 novembre 2010. La conséquence n'en serait cependant pas simplement une continuation de la présidence de Laurant Gbagbo. Cette annulation serait tout au contraire suivie de la « mise sur pied d'un Présidium à deux têtes », avec Laurent Gbagbo installé au palais présidentiel à Abidjan et Alassane Ouattara à Yamoussoukro, avec résidence à la Maison des Hautes et bureaux à la Fondation Félix-Houphouët-Boigny.

 

D'autres décisions suivront, modifiant profondément la structure étatique de la Côte d'Ivoire pour garantir la paix et sa stabilité intérieure. Une alternative consisterait à refaire les votations dans les départements dans lesquels les votes ont été annulés par le Conseil constitutionnel, après désarmement des Forces nouvelles et des miliciens.

 

Ce projet permettrait aux deux camps Ouattara et Gbagbo de conserver la tête haute et d'envisager un avenir paisible et prospère pour la Côte d'Ivoire.

 

* Armand B. Depeyla dans Soir Info

 

Pierre Scherb

 

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12 février 2011

Les Egyptiens réclament la liberté tandis qu'Alassane Ouattara veut enterrer la démocratie en Côte d'Ivoire

 

Ouattara, 9.2.2011.jpgAlassane Ouattara n'a apparemment pas confiance dans les institutions démocratiques qui viennent pourtant, à en croire la « communauté internationale », de l'élire président de la Côte d'Ivoire.

 

Selon un communiqué d'une « conférence des présidents »* sous la présidence d'Henri Konan Bédié qui a eu lieu hier à l'hôtel du Golf et à laquelle ont participé Alassane Ouattara, Guillaume Soro, et trois autres personnes, la décision a été prise d'approfondir les réflexions sur la création d'un seul parti houphouétiste. Cette conférence demande encore au Directoire d'engager des actions en vue de garantir une victoire nette du RHDP (le parti de Ouattara, Soro et Konan Bédié, entre autres) aux prochaines élections législatives et locales.

 

Cela ne signifie en clair rien d'autre que de mettre un terme à la démocratie et d'instaurer une dictature d'un parti.

 

Est-ce vraiment la volonté de la « communauté internationale » de mettre un terme à la démocratie et d'installer un régime dictatorial ? Le lendemain de la démission d'Hosni Moubarak en Egypte, ne serait-il pas le moment propice pour les chefs d'Etats démocratiquement élus (Sarkozy, Obama...) de revoir leur copie ?

 

* Soir Info du 12.2.2011

 

Pierre Scherb

 

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10 février 2011

Nicolas Sarkozy et la guerre sur deux fronts

 

Jean-Noël Cuénod compare dans la Tribune de Genève de ce jour la situation du président français à celle d'un directeur général d'une entreprise ayant provoqué le ressentiment et l'opposition de ses cadres supérieurs, à force de décisions hasardeuses, de discours à l'emporte-pièce et de hargne systématique.

 

A ce front à l'intérieur de la France s'ajoute cependant un front à l'extérieur, à en croire Armand B. Depeyla, dans Soir Info d'Abidjan. Il soutient que Nicolas Sarkozy ne supporte pas celui qui dit ne pas être un sous-préfet français nommé en Côte d'Ivoire, mais un chef d'Etat élu.

 

Le litige entre Laurent Gbagbo et la France aurait commencé après sa réception à l'Elysée par Lionel Jospin, sous la présidence de Jacques Chirac, en juin 2001. Le coup d'Etat d'octobre 2002 s'est mué en rébellion. Gbagbo était alors en droit d'attendre l'activation des accords de défense conclus entre la Côte d'Ivoire et l'ancienne puissance coloniale. La France la refuse pourtant en avançant sa nouvelle politique de « ni ingérence, ni indifférence ».

 

Le dernier coup de Nicolas Sarkozy était l'annulation du voyage de quelques députés UMP en Côte d'Ivoire, suite à une opposition de l'Elysée.

 

Aurait-il un front de trop ?

 

Pierre Scherb

 

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09 février 2011

La guerre n'aura pas lieu en Côte d'Ivoire (suite)

 

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rappelé que seul le Conseil de sécurité pouvait autoriser de faire la guerre à la Côte d'Ivoire, avant d'exprimer l'opposition absolue de la Russie à une telle issue* :

 

« Je suis convaincu que le Conseil de sécurité de l'ONU doit soutenir les efforts pour permettre un dénouement pacifique. Une intervention extérieure au processus électoral et, à plus forte raison, une intervention militaire sont absolument inacceptables et susceptibles de déstabiliser tant l'Afrique occidentale que tout le continent africain, compte tenu des campagnes électorales qui auront lieu prochainement dans 13 Etats africains. On ne peut pas se permettre de créer des précédents pareils, de donner un mauvais exemple qui sera repris chaque fois que quelqu'un sera mécontent du résultat des élections. »

 

Une guerre en Côte d'Ivoire est donc formellement exclue, car la Russie dispose du droit de véto et peut ainsi bloquer toute décision du Conseil de sécurité.

 

A noter que le navire de guerre sud-africain Sas Drakensberg se trouve néanmoins déjà sur place, au large de la Côte d'Ivoire.

 

* RIA Novosti du 8.2.2011

 

Pierre Scherb

 

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08 février 2011

Côte d'Ivoire : le président de l'assemblée nationale devrait-il remplacer Alassane Ouattara ?

 

L'art. 40 de la constitution ivoirienne prévoit : « En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. »

 

Or, des rumeurs de plus en plus fortes se font entendre disant qu'Alassane Ouattara ne se montrait plus publiquement à cause d'un problème de santé d'une certaine gravité ou plutôt d'une gravité certaine. Il appartiendrait donc à son gouvernement de saisir le conseil constitutionnel. Bien évidemment, cette situation serait au plus haut point embarrassant, raison pour laquelle le gouvernement Ouattara pourrait être tenté de la cacher le plus longtemps possible.

 

Il est cependant plus probable, dans la mesure où les gouvernements n'ont pas l'habitude de mentir au simple citoyen, qu'Alassane Ouattara, occupé par ses tâches de président, n'ait plus le temps de se montrer publiquement.

 

Pierre Scherb

 

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06 février 2011

Qui a vu Alassane Ouattara depuis un mois ?

 

Un commentateur me pose cette question depuis un certain temps avec insistance. Il va même plus loin en prétendant que le président de la Côte d'Ivoire reconnu par « la communauté internationale » aurait subi une attaque cérébrale et se trouverait dans l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris.

 

Pour le surplus, un nouveau schéma de sortie de crise aurait été préparé dans les chancelleries occidentales, ressemblant comme deux goutes d'eau à ce que j'avais proposé le 18 janvier 2011 dans ma note « Alassane Ouattara peut-il avoir raison tout en ayant tort ». Il s'agirait d'installer à la présidence une personnalité ivoirienne « peu marquée politiquement » avec les seuls buts de désarmer la rébellion, de parachever le redéploiement de l'administration et d'organiser de nouvelles élections.

 

Aura-t-il enfin une lueur d'espoir pour les Ivoiriens ?

 

Pierre Scherb

 

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05 février 2011

Tout semble être réglé pour destituer Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire

 

Un adhérant anonyme* de Laurent Gbagbo livre son analyse pour dire que le panel des cinq chefs d'Etat déclarera Alassane Ouattara comme président élu, à la grande déception de son clan :

 

« Contrairement à ce que beaucoup de nous croyons la France grâce à ses études d'opportunités stratégiques savait pertinemment comment opérer pour ressortir victorieuse d'Addis-Abeba. Devant la montée en puissance des soutiens du président Gbagbo en Afrique australe et centrale lusophone, elle a d'abord poussé Idriss Deby à déclarer qu'il est favorable à une issue pacifique au règlement de la crise mais en prenant le soin de reconnaître que le chef rebelle a gagné l'élection. Ensuite, les stratégistes ont décidé de la mise sur pied d'un panel de chefs d'Etat sachant pertinemment que les pro-Gbagbo seraient minoritaires. Tout ceci en étroite collaboration avec l'ONU, la Cédéao, Raila Odinga le pseudo médiateur et Jean Ping le président de la commission de l'UA. Ils savaient donc tous comment procéder avant même la tenue des assises. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle Sarkozy officiellement invité en tant que président du G8-G20 s'est permis de parler de la Côte d'Ivoire à la tribune de l'UA. Ensuite, c'est l'ONU qui a plaidé pour le rejet des propositions du Président Gbagbo, mais surtout a donné le cadre de travail du panel des chefs d'Etat faisant ainsi écho aux déclarations tapageuses de Jean Ping. Le décor ainsi planté, le choix des chefs d'Etat devant constituer le panel ne fut qu'un jeu d'enfant. Résultat des courses trois voix (dont le président du panel) pour la France contre au maximum deux pour le Président Gbagbo. Lorsque des dissensions vont apparaître au sein du panel, les décisions seront soumises au vote et indubitablement les ennemis de la Côte d'Ivoire l'emporteront. Le Président Zuma qui est un démocrate se rangera donc à la décision de la majorité car il est dit que le panel parlera d'une seule voix. Le coup le plus remarquable de cette partie d'échec est tout simplement venu des stratégistes français qui ont encore une fois damé le pion aux tacticiens ivoiriens. Très simple. D'abord en demandant à Goodluck de refuser de se joindre au panel puis en y intégrant le Président Zuma on l'astreint d'office à la réserve, car ne pouvant officiellement être juge et partie et ce, pendant la durée de la mission. Pendant ce temps, Goodluck le va-t-en guerre qui a fait semblant de refuser pourra s'exprimer librement comme il le fait depuis le début pendant que notre soutien africain le plus important est mis sous l'éteignoir. Tout simplement époustouflant !!!!!!!

Pourquoi ne pas avoir fait admettre les Présidents Mugabe ou Dos Santos et permis au Président Zuma de continuer d'agir ouvertement en notre faveur, car étant celui dont la voix porte plus surtout que l'Afrique du Sud est membre du G20 qui se réunira bientôt. »

 

* J3A dans Le Temps d'Abidjan

Pierre Scherb

 

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04 février 2011

Un piège a-t-il été tendu à Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire ?

 

L'Union africaine reconnaît qu'Alassane Ouattara est le président élu « sur la base des résultats certifiés par le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, conformément à la Résolution 1765 du 16 juillet 2007 et aux différents Accords signés par les parties ivoiriennes et entérinés par la Cédéao, l'UA et les Nations Unies ».

 

Selon l'avis de Simplice Allard, cela revenait à dire dans un langage diplomatique qu'Alassane Ouattara n'était reconnu président qu'en accord avec la constitution ivoirienne. Or, la décision du Conseil constitutionnel, organe compétent selon la constitution pour proclamer le président, qui faisait de Laurent Gbagbo le président élu, à l'issue du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010, n'était susceptible d'aucun recours.

 

Aussi serait-il compréhensible pourquoi la décision du Panel des cinq chefs d'Etat sera contraignante pour les deux parties et que l'exigence préliminaire du départ de Gbagbo avait été abandonnée.

 

J'ajoute qu'Alassane Ouattara semble avoir bien compris ce qui se passe. Il n'a pas levé une seule de ses mesures d'étranglement de l'économie ivoirienne et appelle de plus en plus fort à une solution militaire immédiate.

 

Pierre Scherb

 

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