17 janvier 2016

Goebbels le trouvait trop brutal

Le quotidien Le Temps nous a appris que Die Weltwoche s'était intéressé à Hermann Göring à cause d'une biographie que son rédacteur en chef avait lu récemment. J'avais moi-même mentionné Joseph Goebbels dans une note de ce blog écrit en 2011 et que je reproduis à présent:

Pour rédiger un texte, il est toujours bon de savoir ce que les autres écrivent et comment ils le font. Je tombe ainsi sur les mémoires d'Alfred Court intitulées « La cage aux fauves ».

Il y décrit comment il était devenu dompteur, à 35 ans. Il était alors directeur de cirque lorsque, durant l'entracte, on était venu lui souffler à l'oreille que Sam, le dompteur, était ivre mort. Il a découvert peu après des morceaux de viande : le repas que les lions avaient l'habitude de recevoir après le spectacle. Il a immédiatement pris la décision de la leur donner sous le chapiteau.

Les lions entrèrent dans la cage, circonspects. Découvrant la viande, ils se jetèrent dessus et se livrèrent à une bataille forcenée, rugissant, lâchant et reprenant à tour de rôle une pièce de viande, les poils de leur crinière noire volant en l'air par paquets !

Court poursuit : « L'un d'eux, la viande dans la gueule, fit un bond fantastique, presque jusqu'au haut de la cage. Il y eut un cri dans la salle, un commencement de panique, mais qui fut de courte durée. L'autre lion, suivant de près son antagoniste, lui sauta dessus, lui mordit la queue à pleines dents et tous deux retombèrent lourdement dans l'arène. La cage centrale chancela et je crus qu'elle allait se plier en portefeuille ; enfin, après cinq minutes de lutte farouche, chacun, ayant finalement sa part, la dévora à belles dents. Le repas fini, la bagarre recommença pour la possession des os et ce n'est qu'un quart d'heure plus tard, par des coups de revolver tirés à blanc, que nous pûmes faire réintégrer aux lions leurs sabots où ils arrivèrent la gueule ensanglantée, les flancs lacérés par les griffes.

Jamais je n'avais vu une échauffourée pareille, le publie non plus. Personne ne parut regretter que les lions n'eussent pas travaillé. Ce spectacle excitant avait produit, devant ce public à demi sauvage (il est au Mexique, en 1917), une réelle sensation. »

A suivre

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10 janvier 2016

La justice et le droit sont à la base du monde

Dans une démocratie, les lois sont faites par le peuple et ses élus. Elles sont censées être justes. Dans les sociétés primitives, par contre, les lois étaient données directement de Dieu. Le psaume 89 parle ainsi de l’alliance du roi David avec Dieu.


La partie de ce psaume consacrée à Dieu met ainsi ses qualités en avant:


Dieu est terrible dans la grande assemblée des saints,
Il est redoutable pour tous ceux qui l’entourent.
Eternel, Dieu de l'univers, qui est puissant comme toi?
Eternel, ta fidélité t'environne.
C'est toi qui maîtrises l'orgueil de la mer; quand ses vagues se soulèvent, c'est toi qui les calmes.
Tu as écrasé l'Egypte, tu l'as transpercée, tu as dispersé tes ennemis par la puissance de ton bras.
C'est à toi qu'appartient le ciel, à toi aussi la terre; c'est toi qui as fondé le monde et ce qu'il contient.
Tu as créé le nord et le sud; le Thabor et l'Hermon acclament ton nom.
Ton bras est puissant, ta main forte, ta droite élevée.
La justice et le droit forment la base de ton trône, la bonté et la vérité sont devant toi.


Le psaume met ainsi d’abord la puissance de Dieu en avant, puis émet clairement que la base de son trône sont la justice et le droit.

La nouvelle Constitution de Genève que j’ai eu l’honneur d’élaborer avec les 79 autres Constituants fait encore allusion à cette idée que la justice et le droit viennent de Dieu lorsqu’elle énonce dans son préambule que le peuple de Genève adopte la constitution reconnaissant son héritage spirituel, afin de préserver la justice dans le respect du droit.

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09 janvier 2016

Changement de stratégie à la police genevoise?

La police de Genève a assisté à la manifestation sauvage du 19 décembre 2015 en tant que spectateur. La doctrine appliquée par ses cadres était le principe de non-intervention, afin d’éviter des dégâts plus graves. Ils ont ainsi pu les limiter à quelques millions de francs seulement. Merci encore pour cette sage décision et bravo à la police d’avoir eu le courage de la prendre.


Osons avouer que tout le monde n’était pas de cet avis et que quelques égarés ont critiqué cette attitude qui nous a néanmoins sauvé du pire (voir par exemple ici). Est-ce à cause de ces rares critiques que la police a changé sa stratégie, le 5 janvier 2015 à l’aéroport de Genève? Toujours est-il qu’elle est intervenue en force contre une manifestation non autorisée d’une trentaine de kurdes, comme on peut le voir sur le blog de Demir Sömnez. Est-ce peut-être aussi parce que la manifestation n’avait pas été annoncée publiquement depuis deux semaines et que la police, surprise, n’avait pas le temps d’en rapporter à ses cadres?

Espérons qu’il y ait au moins eu quelques discussions au sein de la police, afin de ne plus laisser le citoyen lambda sans protection, ce d’autant plus que le premier but de l’Etat est justement de le protéger, ainsi que ses biens, et non pas de l’amuser à longueur d’année avec des activités artistiques qui ne sont pas toujours appréciées par tout le monde et surtout pas par ceux qui paient leurs impôts à Genève. Les policiers français, quant à eux, ont compris qu’on ne peut pas lutter contre un hachoir et une ceinture d’explosifs à mains nues.

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06 janvier 2016

Avant de réduire raisonnablement les subventions, les Conseillers municipaux ont diminué leurs jetons de présence

Tout le monde a pris connaissance de l’obligation dans laquelle s’est trouvé le Conseil municipal de procéder à des coupes linéaires, suite au refus du Conseil administratif de proposer lui-même une réduction de la voilure surdimensionnée de la Ville de Genève. En effet, les dépenses ont été augmentées artificiellement depuis des années, malgré une dette qui explosait.

Ce qui est beaucoup moins connu, et que même des Conseillers municipaux ignorent encore (cf. par exemple Pascal Holenweg dans cette note), est que le Conseil municipal a auparavant procédé à une diminution de sa propre rémunération en forme de jetons de présence. Au début de chaque législature, les Conseillers municipaux sont appelés à voter la hauteur de leurs jetons de présence. Ceux-ci étaient par ailleurs non assujettis à l’impôt sur les revenus. Or, cette année, la situation a changé. Le Conseil d’Etat a décidé d’imposer les jetons de présence dans leur totalité, c’est-à-dire que chaque Conseiller municipal ne paie pas seulement l’impôt sur les sommes qu’il touche, mais également sur la partie reversée obligatoirement à son parti (entre 30% et 50%, voire plus). Cette nouvelle imposition aura donc comme conséquence une diminution de la rétribution des Conseillers municipaux qui, dans leur grande majorité, s’engagent bien plus en faveur de la Ville de Genève que les quelques heures passées en commissions et séances plénières.

Afin de compenser cette diminution, le Conseil municipal était donc appelé à voter une augmentation de ses jetons de présence. Le but de cette opération n’était ainsi pas de les faire gagner plus, mais de maintenir le niveau de l’année dernière. Or, la majorité des Conseillers municipaux a refusé cette augmentation. Elle a ainsi accepté une diminution de sa rétribution de 10% à 20% en moyenne.

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04 janvier 2016

Unforgettable - inoubliable

Il faudrait dorénavant ajouter deux noms supplémentaires reliés à ce mot. Michel Delpech et Natalie Cole sont morts en ce début d’année.

Nous nous souvenons de Michel Delpech pour ses tubes Wight is Wight, Pour un flirt, Que Marianne était jolie, Le chasseur, et plein d’autres. Un des interprètes les plus populaires de la chanson française, il se voyait lui-même comme un chanteur de variétés qui n’offrait pas d’œuvre.

Natalie Cole nous reste en mémoire pour la chanson chantée ensemble avec son père Nat King Cole, après son décès, Unforgettable. Elle s’était d’abord consacrée à la psychologie, avant de se tourner vers la chanson. Pensons aussi à Besame mucho qu’elle chantait avec Andrea Bocelli ou Oye come va de Tito Puente.

N’oublions finalement pas les victimes de l’attentat de Paris du 13 novembre 2015. Cette «sacrée bande de Parisiens» que le quotidien Le Monde a découvert en poursuivant son projet de les sortir de l’anonymat, afin que tout le monde puisse se rendre compte que les terroristes n’avaient pas tué de parfaits inconnues, mais des personnes respectables qui poursuivaient leur rêve à leur manière: «Des trentenaires souvent nés en province, issus de classes moyennes, venus à Paris pour y étudier ou travailler et, finalement, retenus dans cette ville par sa culture, son art de vivre, d’aimer et de se mélanger. Une ville-base. De la mondialisation, ils ont fait un atout, tout en restant ancrés dans un solide lien familial et un mode de vie français, attirés par ces cafés et ces quartiers qui intègrent la modernité sans perdre la tradition.

Une génération libre, joyeuse, grégaire, généreuse à sa manière, moins engagée politiquement que la précédente et en même temps connectée et soucieuse de l’autre. Marquée, déjà, par le terrorisme de janvier, tout près. Une génération Charlie, en quelque sorte, si bien représentée par le groupe de La Belle Equipe, fauché en pleine fête d’anniversaire : chacun ou presque, dans cette bande, venait d’un endroit différent, d’une culture différente. Tous différents et pourtant une sacrée bande de Parisiens, massacrée, un verre de champagne à la main.»

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02 janvier 2016

Bonne et heureuse année 2016!

Nous vous adressons tous nos vœux de succès, bonheur, santé, prospérité, paix pour cette nouvelle année 2016 qui vient de commencer. La Ville de Genève l’a fêtée autour de la rade. Son maire, Madame Esther Alder, avait invité la population à un «réveillon populaire dans un site magnifique».


Nous pouvions ainsi voir les feux d’artifice offerts par le Grand Hôtel Kempinski juste après avoir dégusté la «disco soupe», c’est-à-dire une soupe géante gratuite, préparée sur place avec des légumes offerts par l’Union Maraîchère de Genève. Nous avons apprécié cette façon originale de commencer la nouvelle année.

A remarquer que la menace terroriste n’a plus été invoquée par personne. Seule la vue de quelques vigils nous faisait encore y penser brièvement. Qu'est-ce que la nouvelle année va nous apporter? Sans être prophète, j’ose affirmer que nous allons encore parler de la manifestation sauvage du 19 décembre 2015. Pour le reste: qui vivra verra.

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30 décembre 2015

Un concert exceptionnel

L'orchestre symphonique de la Pannonie, une région essentiellement située en Hongrie, le Pannon Philharmonic Orchestra, accompagné du Hungarian Festival Chorus, s'est produit dimanche dernier au Victoria Hall. Les deux morceaux choisis n'avaient pas de rapport particulier avec Noël. Par leur puissance d'exécution, ils harmonisaient cependant parfaitement avec le sens profond de Noël, c'est-à-dire le début d'une nouvelle ère.

Dès le premier instant, le ton était donné. Carmina Burana de Carl Orff nous tenait tout de suite en haleine: O Fortuna! Durant une heure, le rythme était heureusement un peu plus calme, sinon la tension aurait été insupportable. Mais à la fin, le même morceau revenait: la fortune est l'impératrice du monde! Et puis nous étions sauvés par l'entracte.

Après quelques paroles échangées avec les musiciens, nous étions fin prêt pour le deuxième morceau de choix: la 9ème symphonie de Ludwig van Beethoven. La musique nous transportait encore jusqu'au final: l'Hymne à la joie chanté en allemand. Comment ne pas penser aux divisions observées durant cette année, au niveau mondial tout aussi bien qu'à Genève.

Joie, belle étincelle divine,
Fille de l'assemblée des dieux,
Nous pénétrons, ivres de feu,
Céleste, ton royaume !
Tes magies renouent
Ce que les coutumes avec rigueur divisent;
Tous les humains deviennent frères,
Là où ta douce aile s'étend.

Que les magies de la joie agissent encore!


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27 décembre 2015

Joyeux Noël

Hélène Richard-Favre nous rappelle que nous parlons maintenant beaucoup de « culture » sans jamais avoir défini ce mot. Or, il s’agit bien d’un terme qui a de multiples significations, permettant à chacun de l’utiliser selon ses propres conceptions de la vie en général et en société. Une expression de la culture comprise comme « ce qui est commun à un groupe d’individus » (Wikipedia) est la fête de Noël.

Dans la société moderne existent parallèlement une multitude de groupe d’individus. Pour revenir à notre exemple, plusieurs de mes lecteurs ne fêtent pas Noël, soit parce qu’ils sont Juifs, Musulmans, Témoins de Jéhovah, etc. Qu’ils exercent donc une vertu indispensable au Vivre ensemble, le respect. Comme nous le faisons lorsqu’ils fêtent leurs traditions à eux.

Joyeux Noël - Frohe Weihnachten - Buon Natale - Merry Christmas -Feliz Natal

08:51 Publié dans Croyances | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

23 décembre 2015

Christian Cudré-Mauroux choque la moitié de la République

Le chef des opérations de la police genevoise prend le risque et se lance : « je dirai que les actes commis sont des déprédations qui relèvent d’une sanction contraventionnelle, subsidiairement d’une peine pécuniaire. Il n’y a pas eu d’attaques contre des personnes. » Il parle évidemment de la manifestation de samedi dernier qui a causé des dégâts estimables à peut-être plusieurs millions de francs.

Je fais partie de l’autre moitié qui n’est pas choquée, car j’en ai vu d’autres au point que plus rien ne m’étonne. Essayons néanmoins de comprendre le raisonnement de ce haut fonctionnaire. Il allègue que les déprédations causées par les manifestations et acceptées par les manifestants ne pourraient pas être sanctionnées plus que par des amendes. Il ignore ainsi l’existence de l’art. 260 Code pénal. Cette disposition prévoit de punir la participation à une émeute, c’est-à-dire la participation à un attroupement formé en public et au cours duquel des violences ont été commises collectivement contre des personnes ou des propriétés. Ces faits sont punis d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. Vu la gravité des faits, il est incontestable que la manifestation de samedi était bien une émeute. Tous les participants sont donc condamnables.

Selon l’appréciation des organisateurs, ils voulaient tous les dégâts. Le site renverse.ch rapporte ainsi :
« La mise à sac du centre-ville de Genève constitue un véritable affront pour les élites politiques et sociales... aucun politicien n’oserait aujourd’hui dire comme le bureaucrate écologiste David Hiler en 1998, qu’il préfère “un million de dégâts à Genève que le FN à 15%”... Il est ainsi inexact de dire que la manifestation du 19 décembre a “dégénéré”, les personnes qui ont participé aux affrontements savaient très bien ce qu’ils faisaient et contre quoi ils se battent. »

Est-ce grave que la police ne sait pas comment qualifier pénalement ce qui s’est déroulé samedi dernier à Genève ? Poser la question, c’est y répondre.

Photo du tag «MORT AUX FLICS» et lien vers l'interview de Christian Cudré-Mauroux

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22 décembre 2015

Budget 2016 : un cadeau de Noël avant terme pour « la culture »

Le Conseil municipal a récemment voté son budget 2016. A l’approche de Noël, ses membres avaient déjà l’air tout attendri. C’est notamment avec la culture qu’ils voulaient se montrer le plus généreux pour ne pas dire dispendieux. D’un total de dépenses de Frs 1’187’602’000.- (plus d’un milliard), le Conseil municipal a ainsi consacré un tiers à la culture et loisirs, soit Fr 370’623’000.- (370 millions).

Mine de rien, il s’agit donc de la plus grande dépense de notre ville. Selon la pyramide des besoins de Maslow, la culture occupe la plus haute place (besoin d’accomplissement de soi). Elle est basée sur les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d’appartenance et d’amour, les besoins d’estime (confiance et respect de soi, reconnaissance et appréciation des autres).

Etant à la pointe de la pyramide, la culture n’occupe donc qu’un espace minime de nos besoins, 5% approximativement. Il fallait donc oser de consacrer un tiers des moyens à sa disposition. Les Conseillers municipaux s’excusent en alléguant que le Conseil administratif avait même voulu dépenser plus et que les dernières années déjà, le montant alloué avait été surdimensionné.

Au moins la reconnaissance des bénéficiaires de cette manne leur est sûrement assurée. Le contribuable le verrait-il de la même façon ? Rien n’est moins sûr.

19:53 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |